Partager l'article ! TANGEREUSE IN PARIS...: Paris est là, avec son ciel de cendre offert en toile de fond à mes yeux écarquillés d'orpheline mauresque. Où e ...
Paris est là, avec son ciel de cendre offert en toile de fond à mes yeux écarquillés d'orpheline mauresque. Où est donc cet éclat azur qui peint d'une charge lourde les cieux de mes printemps tangérois? La voûte ici est comme lavée d'une eau sale de serpillière.
A déambuler ainsi, âme seule pleine de monde, anonyme, j'ai cherché par les ruelles l'émoi qui eût pu m'étreindre. Mais je n'y ai trouvé que des gens. Affairés, pressés. Des gens oppressés qui s'occupaient pour se détourner du monde. Je n'ai trouvé que des gens et rien d'autre. Personne. Paris m'a semblé comme une immense église aux paroissiens païens, lassés de ses grandeurs, faite de siècles et de vanité, ville riche d'institutions aux essences oubliées.
A déambuler ainsi, j'ai repensé non sans cette pointe d'amertume à mes chaussées sales de Tanger où l'on s'ennuie presque à mourir, à ces gueules bistres de mes beautés andalouses, à cette jetée de bleu du ciel dans le bleu du Détroit. J'ai repensé au calme d'Olympe des venelles entrelacées de la Kasbah par un vendredi après-midi. Je suis passée des travées d'église aux arches de la mosquée.
Plus que libre car seule, j'étais en moi-même comme en corps étranger, l'œil neuf et nu, marchant en attente du déclic, de l'étincelle. Et l'étincelle est venue parce que j'ai marché longtemps. Enfin. Belle promesse. Elle portait des boucles flamme, ses lèvres étaient pulpeuses, l'étincelle était féminine et multiple. Elle portait des vagues de cheveux sombres, grande fille à la majesté lunaire, la coupe d'argent à la main, remplie de Chianti. L'étincelle était bohème et masculine. Se gorgeant de bière et de cigarettes. Ou maternelle aux suavités délicates. Elle était ces rencontres-là, chacun de ces êtres qui constituent l'espoir de la vie. Elle était roublarde, orientale. Sensuelle et musicale. Aux doigts d'or. Langue de feu. Mon fleur de peau.
Mon étincelle. Son nuage. Son évanescence.
Mon étincelle. Ma parisienne.
© Stéphanie GAOU-BERNARD
Tanger [14.6.9]
c est très beau. et cette étincelle, sensuelle et abstraite, féminine au torse poilue. paris dans une ''parisienne'', croquée, avalée, digérée, réincarnée... avec ces mots qui respire ton regard. c est bien de savoir que tu existes. maintenant je te suis de près
mais ton étincelle ressemblait davantage à l'orient qu'à la france
jolie tangereuse
et si je te faisais une bise, ok ?
Tu sens fort la vie.
Beau .. c'est beau ..
..je ne sais ou ne peux rien dire de plus ..
§;)
Amitié
Thierry
Chaque mot chez toi est si finement choisi, chaque phrase superbe de mérite et d'audace.Puis je reviens poser ma valise...
Je savoure Paris avec tes yeux, j'aime ce Paris d'errance où tout est possible, se perdre et s'oublier...
J'ai pensé fort à notre Paule... Aussi belle que talentueuse, tout comme toi chère Stéphanie !
Au plaisir d'une rencontre !
Passe lire les miens si tu a le temps et l'envie.
Bonne continuation !
je ne regrette pas ma lecture
La métropole grouillante est anonyme et se repait d'indifférence. Les murs s'élèvent fiers et magnifiques honorant leur passé. Mais à bien y regarder, la vie transparaît tout de même par instant au travers des individus.
Superbe ballade ... merci !
Et maintenant, où es-tu ? Es-tu repartie dans ton pays ?
Paris ? J'aime bien y aller de temps à autres. Il faut un but sinon, le risque, c'est que Paris soit une ville comme une autre..
clem
http://surlesmains.canalblog.com
c'est très romantique...
C'est très agréable, un belle plume!
En passant par l'Île des Poètes Immortelles, j'arrive chez toi et je découvre ce texte plein de sentiments, d'odeurs et de couleurs.
J'aime beaucoup.
Bises de Normandie. Jetelle.
surjouer au théâtre, surécrire sur un blog.
miroir oh mon miroir dis moi que je suis la plus belle.
Ce n'est pas ce que dit mon miroir, mais si c'est ce que vous ressentez à la lecture de mes modestes textes, qu'y puis-je? Merci de vous y être arrêté en tout cas, je reste avec mon emphase, moi qui vise à l'épure, je me suis plantée... Amitiés