Partager l'article ! SONGE AFRICAIN (j -8): Je me voyais noire, le corps bouillonnant de rythmes sourds. Je n’ai jamais su pourquoi. La fatalité vous ré ...
Je me voyais noire, le corps bouillonnant de rythmes sourds. Je n’ai jamais su pourquoi. La fatalité vous réserve de ces surprises, aussi. Je ne me sentais pas née au bon endroit, parfois pas
avec les bonnes personnes. Je voulais d’un autre continent, j’avais envie d’entendre les sons de langues ancestrales. Les musiques noires m’ont toujours attirée. Puis la danse africaine. Le
Maghreb fut mon premier choc avec le monde d’antan. La porte ouverte sur d’autres sud. Je me souviens du premier voyage. Encore dans la cabine de l’avion, je sentais mon cœur se poser sur la
terre africaine. Voilà que j’y suis depuis cinq ans et que les ailes me poussent encore pour naviguer plus bas, aborder d’autres rivages. Plus qu’une semaine pour aller dans ce pays que j’ai
voulu voir tant de fois sans m’y résoudre, avec cette peur au ventre, comme si j’allais retrouver un amant que je n’aurais que trop aimé. Saint-Louis, Dakar, que me réservez-vous ? Je n’aime
pas écouter les Cassandre qui prédisent toujours négatif et désillusions. Je n’écoute que mon cœur. Il m’a trompée pourtant souvent, mais je lui fais encore confiance.
Je ne sais pas quelle sera ma première réaction : la joie ? les pleurs ? l’impossibilité de parler ? Je ne sais pas. Je connais pourtant ces sensations de réveil dans un pays inconnu, ces possibilités démultipliées. Je connais, mais on est toujours neuf face à ses rêves… Si je pouvais ne pas être déçue.
© Stéphanie GAOU-BERNARD
Tanger [17.01.09]