Chacun défend son pain.

Mon pain est pétri de la terre qui m'a vu naître, qui a porté mes pas, des larmes que les miens ont versé sur moi pour me donner la vie, des soleils qui se couchaient à mes côtés, des horizons que je voulais sauvages.

Jusqu'ici, nous avions partagé le pain, ils étaient comme nos frères, même si notre sang n'était pas le même, qu'importe le sang, nous nous aimions quand même.

Et maintenant, qu'en reste-t-il de cette fraternité?

Chacun défend son pain.

Il n'y a ni bons, ni mauvais, seulement des affamés, des morts la faim, pour un quignon de terre, pour une bouchée de sable, des hyènes prêtes à s'entretuer.

Chacun défend son pain. C'est mon pain.

Là est notre ultime liberté.


© Stéphanie GAOU-BERNARD
Tanger [9.1.9]




Par Stéphanie GAOU-BERNARD - Publié dans : PENSEE DU JOUR - Communauté : L'âme du poète
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Commentaires

oui, et de ton pain celui d'à côté avec le brin de cumin que tu auras oublié et le regard de l'enfant qui restera perplexe jusqu'à ce qu'il comprenne ce que tu tentes de dire en gestes et en paroles, légère et grave.
Commentaire n°1 posté par emmanuelle grangé le 09/01/2009 à 15h16
@emmanuelle: je ne sais pas si l'enfant comprendra les échecs du présent de ses parents. je ne sais pas ce que nous avons compris des erreurs de nos ascendants, si même nous savons tout d'eux pour avoir un oeil juste et clair, je ne sais pas.
Réponse de Stéphanie GAOU-BERNARD le 09/01/2009 à 17h42
Tiens c'est marrant je croyais que le pain on pouvait le partager aussi. Ah ces idéalistes... Amitié Thierry
Commentaire n°2 posté par Thierry Benquey le 09/01/2009 à 16h45
@Thierry: on peut tout partager, c'est vrai, même les colères, mais ne nous trompons pas de guerre, ce n'est pas la nôtre, nous n'y mettrons jamais autant de passion que ceux qui la font depuis des décennies maintenant. dans ce cas précis, je trouve que le mot "paix"n'a plus sa valeur, qu'il est galvaudé, qu'il est décoratif, je me trompe peut-être, certainement, ce n'est pas grave, nous nous trompons souvent tous, non? mais je vois des avis multiples sur la toile, prendre parti d'un seul corps, d'une seule voix pour les persécutés de Palestine (qu'ils sont), mais à quoi toutes ces paroles servent-elles, avons-nous la naïveté de penser que nos bonnes paroles sur internet, nos avis de masse vont infléchir les manipulateurs? je me le demande... amitié bien sûr
Réponse de Stéphanie GAOU-BERNARD le 09/01/2009 à 17h41
Sujet épineux... Je remarque la poésie du texte. Le fond est grave, la forme est talentueuse.
Commentaire n°3 posté par Thomas Frederic le 09/01/2009 à 19h24
@Thomas: c'était une tentative spontanée d'écrire sans polémique sur un sujet délicat,  je laisse juge, je n'aime pas prendre position "politiquement"...
Réponse de Stéphanie GAOU-BERNARD le 10/01/2009 à 10h12
peut être qu'en le partageant, notre pain, sans rien demander en retour, ce serait un début ?? très belle interrogation sur la condition humaine !! Phil
Commentaire n°4 posté par Rudes rêves (poésies par Philippe Cougé) le 12/01/2009 à 16h17
@Philippe: oui, il faudrait qu'on y pense, partant du principe que rien ne nous appartient vraiment pas même quelques poignées de sable, on devrait y arriver, mais l'humain est tenace et peu prêteur... difficile de lui faire confiance.
Réponse de Stéphanie GAOU-BERNARD le 12/01/2009 à 19h56
très joli!
Commentaire n°5 posté par Terrienne le 13/01/2009 à 09h21
@terrienne: je ne sais pas si mon intention était l'esthétique, mais merci du commentaire...
Réponse de Stéphanie GAOU-BERNARD le 13/01/2009 à 13h09
Eternelle quête sans remède.
Commentaire n°6 posté par Emmanuel le 13/01/2009 à 13h34
@Emmanuel: oui, c'est un peu le problème... Je crois que l'homme est un incorrigible guerrier, il trouvera toujours une occasion pour se prendre de grippe avec son voisin... C'est dommage
Réponse de Stéphanie GAOU-BERNARD le 13/01/2009 à 16h36
Oui, sujet brûlant... sujet difficile, glissant... Je ne sais moi-même qu'en penser, qu'en écrire. Que la guerre est une affaire de fous, qu'elle représente la manifestation la plus odieuse de la violence humaine, qu'elle est désespérante à force de semer les victimes et les souffrances, la mort pour seule fin, qui appelle la mort en réponse, et le cercle est lancé, vicieux à l'extrême, destructeur, témoin noir de ce que l'humanité n'a pas compris. Témoin... de ce qu'elle ne comprendra jamais ? Qui a tort ? Qui a raison ? La question peut-elle être ainsi posée ? Les victimes sont dans les deux camps, la colère aussi, la soif inextinguible de vengeance et de sang de même... Qui a tort ? Qui a raison ? Les guerriers se servent des innocents pour justifier leurs actes criminels, exhibent des corps déchirés, des enfants morts, puis une arme vengeresse. Tuons ! Tuons ! Réduisons à néant ce chien de voisin, ce monstre d'ennemi, ce salaud, cette ordure... ces hommes... des hommes... Comme moi, comme nous... Et chaque mort qui tombe enlève un peu de vie à ceux qui tuent, et à ceux qui contemplent le spectacle de cette mort... Des humains entre eux... Quel autre être vivant peut avoir tant de fureur dans le désir de se détruire ? Quand je songe à tout ce que l'humain pourrait... à toute la noblesse qui peut vivre en lui... et à tout ce gâchis injustifiable, pour quelque raison que ce soit...
Commentaire n°7 posté par Bifane le 16/01/2009 à 07h50
@Bifane: oui, le sujet est délicat, moi aussi, je ne veux pas prendre partie...
Réponse de Stéphanie GAOU-BERNARD le 16/01/2009 à 14h44
ces vers me servent de bref commentaire :

Bonheur partagé s'accroît
Souffrances contées s'atténuent
Sur la table jonchée de menus
Pensons aux SDF aux démunis
Aux passants anonymes
Aux vagabonds méconnus
Ahmed EL INANI
Commentaire n°8 posté par el inani le 17/09/2010 à 10h02
 
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